AM I REAL ?

AM I REAL ?

Une nuit j'ai recouvert le monde ... à moins qu'il ne m'ait retrouvé.
Mon nom est fictif, mon âge est incertain.
M
on corps est mutilé et mon cerveau atteint.
Que dire? Sinon que les bases de ma nouvelle vie sont aussi solides que mes souvenirs, et que depuis cette nuit j'avance avec pour seul but, celui de faire marche arrière.




Edito du 28 octobre 2009 : Cette fiction est désormais terminée. Attention , elle n'est pas arrêtée , j'en suis simplement venue à bout ^^ . Ainsi, si vous commencez à lire je peut maintenant vous garantir une tranquillité d'esprit car am-i-real a une fin et les articles ne seront pas mis hors ligne . Bonne lecture . Je reste à disposition et je continue les mises à jour alors n'hésitez plus .

Buulle


NOUVEAU | Nouveau projet de FICTION. J'ai absolument besoin de votre avis. . |NOUVEAU

# Posté le dimanche 31 mai 2009 16:53

Modifié le lundi 23 novembre 2009 11:07

Prologue

 [s ]Prologue
Bande son


Boum boum... boum boum... boum boum... boum boum.
Du noir rien que du noir... je refais surface ou presque. J'avance mais je ne sais pas où je vais je cours, tout droit, toujours tout droit. Mes jambes me portent sans que je m'en rende compte. Où suis-je ? Autour de moi les ténèbres mais j'avance toujours. Je fuis. Quoi ? Qui ? Le temps n'a plus de valeur. Sous mes pieds nus le sol froid craque, le vent me transperce. Les nuages se déplacent un instant laissant apparaître la lune à travers les feuillages ... Une foret ? Je m'essouffle mais je cours toujours...

Du bruit, des ombres ! Le silence des arbres et les battements de mon c½ur. Soudain la lune disparaît me laissant seule, encore seule. Mes cheveux fouettent mon visage et mon dos, j'ai mal. Ne sachant où regarder, mes yeux se ferment. Je veux me réveiller mais j'ai si mal que je sais que je ne dors pas, et donc je ne me réveillerai pas. Je continue d'avancer, par réflexe, toujours plus vite. J'ai l'impression de voler. Quand on vole on finit toujours par redescendre alors je ferme d'autant plus les yeux ... attendant la chute. Je me perds. Je crois. L'obscurité m'enveloppe. Je me perds ? Pour ça il aurait d'abord fallu que je sache un moment où je me trouvais. Mes joues sont humides, mes vêtements ne me couvrent plus, je suffoque.

Le sol ne craque plus, l'immensité autour de moi m'oppresse. La terre tremble, s'efface. De la lumière ? Oui, deux ronds de lumières au loin...ils s'approchent semblant voler eux aussi vers moi. Mes jambes ne me portent plus, je tombe à quatre pattes sur le sol. J'ai froid. Ma poitrine se soulève de plus en plus vite dans le vain espoir de me faire respirer. Me ? Moi ?? Un tourbillon s'empare de mon esprit. Le peu d'image devant mes yeux s'effacent à leur tour. Juste les lumières circulaires de plus en plus proches et mes mains sur l'asphalte.

Moi ?Mais qui moi ? Qui suis-je?



# Posté le dimanche 24 août 2008 11:21

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 18:28

liens

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Bonjour à vous. Tout d'abord merci déjà d'être arrivé jusque ici , et enfin quelques précisions d'usage :

J'accepte qui le souhaite en ami, par contre je reste maitre de mesfavoris.
Les pubs ne sont pas supprimées, mieux que ça je les lis toutes et passe jeter un ½il fréquemment
( sans pour autant pouvoir vous offrir plus de garantit ).

J 'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire cette histoire que j'en ai à l'écrire .

Affectueusement. Buulle


-Bienvenue donc , et bonne lecture-
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/!\ pour être prévenu /!\
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ANNEXE :
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ANNUAIRES :
(sur lesquels vous pouvez me noter)
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AUTRES BLOGS:
( en coopération avec une amie talentueuse )
Ficsionnaire-NORAVA



# Posté le lundi 05 janvier 2009 11:40

Modifié le lundi 24 août 2009 19:15

Le réveil de l' écorchée
| 1 |

Princesse anonyme
| 1 | | 2 | | 3 |

Vers l'inconnu
| 1 | | 2 |

Confuses confessions
| 1 | | 2 | | 3 |

Enquête malmenée
| 1 | | 2 | | 3 |

Humeurs adolescentes
| 1 | | 2 | | 3 |

Camarade fantôme
| 1 | | 2 | | 3 |

Comédie dramatique
| 1 | | 2 | | 3 |

Somnambule
| 1 | | 2 | | 3 | | 4 |

Miraculeuse vie sociale
| 1 | | 2 | | 3 |

Aemy
| 1 | | 2 | | 3 |

Marionnette
| 1 |

Lancinante mélodie
| 1 || 2 |

Etats d'âme d'une fleur fanée
| 1 | | 2 |

Confidences naturelles
| 1 || 2 |

Caon - NEW -
| 1 || 2 |

M
orbide conte de faits - NEW -
| 1 || 2 |

Epilogue

Remerciements





# Posté le dimanche 08 mars 2009 09:56

Modifié le mardi 27 octobre 2009 18:45

Le réveil de l'écorchée


Lentement j'ouvris les yeux : rien. Du blanc. Aveugle ? Non je ne verrai probablement pas du blanc. Des contours flous se dessinèrent, pourtant toujours ce blanc lumineux et agressif. Après avoir cligné des yeux à plusieurs reprises mes pupilles s'habituèrent à l'éclairage, mais la couleur dominante ne changea pas. Sur le dos, j'entrepris de me soulever (sans grande réussite), la fatigue m'assaillit immédiatement. Cependant en persévérant et en puisant dans le peu de force que je possédais alors, je réussis à m'asseoir. Etais-je en vie ? Oui...
J'étais dans un lit d'hôpital. Étrangement cette nouvelle ne me préoccupa pas outre mesure, je ne réalisais pas. Sans grande conviction, je tentai de me souvenir de ce qui avait bien pu se produire. Rien. Mon esprit me renvoya autant de blanc que les murs de la pièce. Mon visage était inexpressif, en effet je ne ressentais rien, un calme illogique m'emplit. Peut êtres s'agissait il de ce fameux calme avant la tempête. Un terrible mal de crane me fit rapidement abandonner toute forme d'auto questionnement. Résignée, je ne bougeais pas. L'attente commença. L'attente de quoi ? Je ne le savais pas. Simplement l'attente, longue et immobile. J'attendais sûrement quelqu'un capable de poser les questions et donner les réponses à ma place. D'une manière ou d'une autre je sentais bien que mon cerveau n'en était plus capable.

Au bout de quelques temps, probablement des heures, je perçus des bruits de pas sur le carrelage froid du couloir à ma droite, les entendant de plus en plus distinctement j'en conclus qu'ils venaient pour moi. Ils s'arrêtèrent pile devant ma porte. Une jeune infirmière fit irruption dans la pièce mais elle ne remarqua pas tout de suite que j'étais consciente, elle m'offrit ainsi le temps nécessaire pour l'observer. Elle était jeune, elle était blonde, je m'imaginai aisément qu'elle dissimulait sous son uniforme un corps à en faire pâlir les mannequins des pages de lingerie, la ressemblance s'accentua dés lors qu'elle me vit éveillée et me gratifia d'un sourire figé. A cet instant je doutai fortement qu'on s'entende. Je ne réagis pas à la vue de ses rangés impeccables de dents, je restais impassible. Seuls les mouvements de mes globes oculaires la dévisageant toujours lui prouvèrent que j'étais effectivement sortie du sommeil. Intriguée, elle entrouvrit la porte et interpella une tierce personne de sa voix mélodieuse.

« Dr Hills ! La patiente de la chambre 28 est de nouveau parmi nous. »

La voix rauque d'un homme visiblement très occupé lui répondit distraitement.

« Allez chercher Fjord et rejoignez moi ensuite Meredith ... »

Meredith dites-vous ? Quelle horreur.
Alors que ma nouvelle amie la quittait, le Dr Hills (d'après mes profondes déductions) entra dans ma chambre. Absorbé par ce qui devait être mon dossier, il me regarda à peine, lorsque qu'il le fit ce fut entre deux ligne et d'un ½il critique. Bien entendu, il ne m'adressa pas la parole avant l'arrivé de ses collègues. Quelque part la situation m'arrangeait, de toute façon je ne savais pas si je savais parler. S'il existait un bouton pause sur les individus je soupçonnais le mien d'être profondément enfoncé.

Quelques minutes plus tard l'infirmière fut de retour, elle était suivie de prés (trop près ?)Par un jeune et grand médecin blond également, le Dr Fjord. Les trois personnages en blouse blanche s'interrogèrent du regard. Cependant aucun d'eux ne mentionna le fait que, étant réveillée, je pouvais leur être utile. Je continuai donc à ne servir à rien. L'attente.
Le nez toujours plongé dans la paperasse, ce fut néanmoins le Dr Hills qui prit la parole en premier...

«Jeune fille, âge présumé : 17 ans. Arrivée au service il y a deux jours dans un état critique. Inconsciente. Traumatisme crânien, sans complication à craindre. Contusions, hématomes et larges entailles à différents endroits du corps... »

Le Dr Fjord poursuivit la terrifiante liste de tête.

« Voies respiratoires obstrués entrainant des difficultés passagères, blessures extrêmement profondes. Opérations pratiquées : intubation et nombreux points de sutures, vie du patient non menacé. »


Ce fut l'infirmière qui conclut leur conversation, avec un enthousiasme qui m'aurait parut déplacée si j'avais été en mesure de ressentir quelque chose.

« Et la voila !

Il semblerait

« - Elle vous a parlé Meredith ?
- Peut-être que c'est à elle qu'on devrait poser la question. »Proposa le docteur fjord.

Enfin ! Quelqu'un venait de remarquer ma présence... Mes yeux se plantèrent dans ceux du médecin blond en signe de remerciement. L'infirmière décidément trop souriante prit le relais de la même façon que précédemment.

« Bonjour jeune fille! »

Mon étrange calme intérieur ne disparaissait pas. Je ne lui répondis pas : je m'économisais. Ayant déjà des doutes au sujet de mes aptitudes à la parole ...je ne voyais pas l'intérêt de m'épuiser en formule de politesse.

« Tu te sens mieux ? »

Bien forcée de répondre aux phrases interrogatives, sans grands espoir et sans trop réfléchir, cette fois je lui fis le plaisir d'une réponse à voix faible.

« Je ne sais pas. »

Elle se voulut rassurante.

« C'est normal. »

Je n'étais pas inquiète. Le vieux médecin intervint de nouveau.

« Demandez-lui son nom. »

Il ne pouvait apparemment pas le faire lui-même alors l'infirmière s'exécuta.

« Comment tu t'appelles ? »

La question résonna dans ma tête sans buter sur un résonnement logique. Sans crier gare mon calme irrationnel se brisa, laissant place à un sentiment d'angoisse qui s'insinua dans mon esprit embrumé et fit trembler chaque parcelle de mon corps meurtri.
Comment tu t'appelles ? Une vision fugitive de ma silhouette agenouillée sur la route me revint. Mon visage se crispa de douleur, fermant les yeux je partis à la recherche d'une réponse. Seulement, toujours ce blanc. Ma respiration s'accéléra dangereusement. Quel est mon nom ??

Durant tout ce temps les médecins présent n'avaient pas changés d'expressions, ils attendaient bêtement ma réponse et ne semblait pas avoir conscience de ce qui venait de se produire. Je fermai les yeux, Je n'avais pas d'autres choix.

« Je ... je ne sais pas... non plus. »
Elle parut surprise
« Ton prénom alors «

Elle pense que je suis stupide ?
Sans même m'en rendre compte je lui lançai un regard haineux. La rage devait être plus supportable que la panique car mon angoisse incontrôlée se mua instantanément en colère. Mes yeux accusèrent successivement les trois autres formes de vie présentes dans ma chambre.
Le docteur Fjord, dépassé par mon changement d'attitude, vint à la rescousse de la jeune femme pendant que leur confrère observait la scène d'un air détaché la tète légèrement penchée.

« Tu ne sais plus comment tu t'appelles ? » Me demanda –t-il.

Je secouai la tête de gauche à droite. Ma première réponse n'était pas assez claire ? Plus j'y pensais plus cette question anodine qui restait en suspens me rongeait. Sans doute à cause de cette condescendance sur leur visage et dans leurs gestes, je me surpris moi-même en explosant.

« - NON ! Je viens de vous le dire...
- ...
- Et pour répondre à votre prochaine question inutile je ne connais pas non plus mon âge... »

Ma voix se brisa.

« Mais surtout je ne sais pas ce que je viens foutre ici alors on arrête l'interrogatoire tout de suite ! »

Fjord me prit la main
« Calme toi ...C'est le contre coup du choc. Respire ... je vais t'expliquer certaines choses pour que t'y vois plus clair. »

Suivant ses conseils, ma respiration redevint presque normale

« - Quelqu'un t'a retrouvée évanouie, au milieu d'une route il y a deux jours, tu as eu beaucoup de chance, il t'a emmené directement ici,, à l'hôpital central. On t'a soigné et tu as « dormi » pendant tout ce temps.
- ...
- de quoi tu te souviens ? »

Ce blanc total à la case des souvenirs m'assaillit une nouvelle fois.

« Rien ... »

Ils attendaient visiblement que je développe mes propos, je fis de mon mieux.

« - je ... je sais des choses vous voyez, enfin je crois savoir des choses, mais c'est comme si je n'avais jamais existé. C'est ridicule ! »

De l'incompréhension sur deux des visages

« Je ne sais pas qui je suis...
- qu'en ait-il de ta famille ? Poursuivis le jeune homme.
- comment voulait-vous qu'à ce stade je sache si j'ai de la famille, ou des amis ? »

Un flot de sympathie qui s'échappait du médecin m'atteignit, mais il ne m'aida pas à me sentir mieux.

Le Dr Hills continua de me scruter quelques minutes en silence, puis il s'approcha de nous pour s'adresser d'un ton catégorique à ses collègues.

« Amnésie totale. »


Je pus lire sur le visage de l'infirmière qu'elle était presque aussi perdue que moi. Ma vision se troubla un peu mais j'essayai de fixer mon attention sur la voix du docteur Hills, peut-être le seul capable de m'expliquer pourquoi un vide intersidéral s'était immiscé entre mes deux oreilles.

« - D'après ce qu'elle tente de nous raconter nous pouvons envisager deux cas de figure.
Soit cette jeune fille a perdu la mémoire suite à une chute malheureuse ou des coups violents, je ne vous apprends rien en la matière Fjord, il s'agit d'un cas plutôt répandu.
- Euh ... relativement tout de même, c'est le premier cas que je rencontre. Spécifia Fjord
- Ici c'est exclusivement l'état du corps qui perturbe l'esprit, si c'est le cas elle devrait retrouver la mémoire progressivement.
Seulement le trouble peut trouver son origine ailleurs, si son esprit attaque son esprit, elle nous fait un déni. » conclut-i l.

Je ne perdais aucune syllabe qui s'échappait de la bouche de cet homme.

« - Son inconscient ? proposa faiblement l'infirmière.
- Oui si on veut. Dans une optique de protection son inconscient à pu juger préférable d'occulter certaines partie de sa vie, en l'occurrence tout sa vie. Si tel est le cas ce sera plus délicat. »



« - Vous êtes sérieux ? Au point de créer une amnésie totale ? ajouta fjord , refusant d'y croire
- ce n'est qu'une des hypothèses.
- Soyons réalistes, si on considère les faits et les dégâts physiques... peut être s'est-elle fait renverser par une voiture ou ...
- Je ne suis sur que d'une chose mon cher c'est que de toutes façon elle ne pourra pas nous aider à le savoir. La gosse ne se souvient même pas de son propre visage, alors évitez de l'accabler avec vos scénarios. Il nous est impossible de déterminer ce qui à provoqué ses blessures.
- De toute façon on s'en fiche, ce que j'essaye de dire c'est qu'à un degré de perte de mémoire aussi élevé l'origine ne put être que physiologique !
- J'espère que vous avez raison... dans ce cas avec un peu d'aide elle devrait retrouver ses moyens assez vite »

Cette perspective me fit reprendre quelque peu le contrôle de mon corps. Tout était surréaliste et rien de ce qui venait d'être dit n'était franchement rassurant, pourtant je me détendis. J'avais des explications rationnelles auxquelles me retenir pour éloigner l'angoisse. A mon grand soulagement, je n'étais pas folle, je n'avais aucune idée de qui j'avais bien pu être avant, certes, mais j'avais quand même conscience de qui j'étais maintenant. J'étais en vie, j'avais l'intention de le rester et j'avais terriblement sommeil.

Une ride d'inquiétude barrait le front du Dr fjord.

« Qu'est ce qu'on fait Renaud ? »

Le Dr Hills se nommait donc Renaud ? Comme le chanteur. Je me souvenais d'un chanteur populaire mais pas de ma propre famille ... quelle merde.

« - On continue soigner ses blessures et on recontacte les autorités. Il faut retrouver ses parents le plus vite possible.
- Et moi je fais quoi ? Lui demandai-je soucieuse .
- Ce que tu viens de faire pendant deux jours, tu te reposes et tu guéris.
Il est probable que tu retrouve des souvenirs dans peu de temps. Ca devrait te revenir petit à petit, quand tu seras prête. »

Meredith conclut.

« Ne t'en fait pas quand on aura retrouvé tes parents ils t'aideront. »

Je pâlis. Mes dernières forces m'abandonnèrent et mes paupières devinrent plus lourdes. Fjord dut s'en rendre compte car à cet instant il exerça une légère pression avec main restée dans la mienne.

« Repose toi on reparlera de tout ça demain, si tu as besoin d'aide demande Meredith. » me souffla-t-il.

Je leur répondis dans un souffle un « merci » avant de m'abandonner à la chaleur et à la sécurité du lit. Tout allait s'arranger, je savais peu de choses mais je le présentais. Quand on est au plus bas tout ne peut qu'aller mieux n'est-ce pas ? S'en suivit un sommeil vide, réparateur.


Buulle

# Posté le dimanche 24 août 2008 11:35

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 13:33

Princesse anonyme. Partie 1.

 Princesse anonyme. Partie 1.

Bande son


D'après mes calculs et mes renseignements cela faisait maintenant quatre jours que j'occupais cette chambre, dont deux consciemment.

Au cours de ces quarante-huit heures j'eus amplement le temps de me rendre compte de l'état déplorable de mes membres. Je vécu également l'étrange expérience de croiser pour la première fois mon reflet dans un miroir, ce fut décevant. Je n'étais ni grande ni fine ni ronde, banale quoi .Je possédais de longues boucles brunes indisciplinés, mon visage était rond mais ma mâchoire carrée et pour finir mes yeux d'un vert quelconque paraissaient éteins. J'étais couverte de bleus et recousue à plusieurs endroits. Beaucoup trop de points de suture et d'endroits à mon gout. Je souffrais à chacun de mes gestes, mes déplacements en étaient donc limités. Hills et sa fine équipe m'assuraient que je guérissais vite et bien, que je n'avais aucune raison de m'inquiéter. Certes, mais je n'avais strictement aucune idée de la façon dont je m'étais fait tout ça et trop de temps libre pour y penser. Malgré leurs savants conseils, il m'était impossible de chasser l'inquiétude. Ma vie n'étais peut être pas en danger, mais je ne comprenais toujours rien à cette vie. Cela me faisait souffrir presque plus que mes nombreuses cicatrices à vif.

Je perçu les pas devenus familiers de mon infirmière, elle arpentait le couloir en direction de ma chambre pour la cinquième fois de la journée. Soit elle redoutait que je retombe dans le coma, soit elle s'était attachée à ma personne. Ses visites avaient l'avantage de m'occuper l'esprit, alors pour ne pas gâcher ses instants j'essayais de contrôler mes sautes d'humeur. L'exercice était périlleux car Meredith mettait mes nerfs fragiles à rude épreuve.

Je craignais de devoir commettre un meurtre si elle s'adressait une nouvelle fois à moi à l'aide d'un surnom ridicule. Les « ma puce », « ma grande » et autres « ma chérie » était à proscrire cette fois ci, si elle ne souhaitait pas me voir devenir invivable. Mon absence d'identité me bouffait de l'intérieur et son attitude ne faisait qu'accentuer mon anonymat, bien entendu en deux jour rien ne m'était revenu pas même un prénom... pas même le mien. En quelque sorte je n'étais rien. Meredith venait de me rejoindre, elle me gratifia d'un énergique « coucou » auquel je ne pris pas la peine de répondre ayant déjà répondu aux quatre autres

« Je viens changer tes pansements ma jolie. »

J'étais pale, décoiffée, dotée de cernes monstrueuses ... mais seule l'intention compte il parait. Je hochai la tête, à croire qu'elle attendait mon approbation avant de commencer son sale boulot.

« Ça va ma puce tu tiens le coup? »

Serais-je devenue un parasite ?

« - Ça va... mais ça fait un mal de chien ton truc.
- J'imagine oui. T'as réussi à dormir un peu mon ange ?

Des ailes me seraient-elles apparues ?

« - Je dors trop. Et puis j'ai beau me sentir fatiguée mon corps refuse de m'accorder du repos.
- Entre nous chérie qu'est ce que ...
- Meredith je t'en supplie arrête !
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Je te fais si mal que ça ?
- Non ... je ne parle pas de ça, c'est douloureux mais je tiens le coup. Le problème est pas là, c'est juste que j'en peux plus »

Son visage s'assombrit. Je la soupçonnais de cacher son intelligence derrière son masque de bimbo attentionnée. Ses sourires et sa voix chantante n'étant qu'un moyen pour elle de réconforter ses patients, nullement sa vraie nature. Je m'en voulais à l'avance de devoir lui faire de la peine.

« Je supporte plus ton attitude avec moi. Je peux comprendre, j'essaye vraiment, mais malgré toute ma bonne volonté je n'arrive pas à saisir pourquoi tu t'obstine à m'agresser avec ta bonne humeur et tes surnoms absurdes. »

Je vis le masque tomber, non pas réellement tomber : glisser.
Lentement, elle prit place sur une des chaises placées non loin de mon lit.

« - Continue.
- Tu as bien du te rendre compte que ça n'avait pas d'effet ? Si je peux me permettre de te demander une chose, c'est d'arrêter pour un temps. Tu comprends ?
- Oui, je vois mais ...
- Je n'ai rien contre ta joie de vivre mais c'est qu'à un tel degré elle m'use plus qu'autre chose.
- J'avais compris la première fois ma grande.
- Je ne suis pas contre le fait de parler avec toi en revanche... »

Elle souleva un seul de ses sourcils d'un air interrogateur

« - Si après ce que viens de te dire la locataire de la chambre 28 tu accepte toujours de venir la voir, je t'assure qu'elle fera des efforts pour être agréable. Finis-je par dire.
- Je ne manquerais tes tentatives pour être aimable pour rien au monde. Je ne sais pas ce que je croyais ma puce, je n'ai pas réfléchie. Je ne pensais pas que ça pouvait te peser à ce point. J'ai du y aller fort si tu craque au bout de deux jours, t'as surement pas besoin de ça.
- Je suis désolée. »

Elle me répondit avec un sourire bien moins exubérant et bien plus sincère que tous les autres.

« -Bof, ne t'excuse pas ! Je suis contente au fond tu m'évite des dépenses d'énergies inutiles, c'est une question d'habitude. Je vais faire attention dorénavant.
- Et pour ce qui est des surnoms ?
- Tu en as un favori ?
- Pas vraiment non. »

La femme en face de moi n'avait rien à envier à la précédente. L'intelligence qu'elle laissait entrevoir dans son regard lui conférait un charme supplémentaire. J'étais extenué par cet échange mais plutôt fière du résultat, j'étais soulagée de ce changement.

« - Je dois pouvoir y faire quelque chose. M'annonça-t-elle fièrement.
- C'est-à-dire ?
- Ne me dit pas que tu n'y as pas pensé ... il te faut un prénom de substitution.
- La démarche me dérange un peu ...
- Qu'est-ce que t'es prise de tête comme gamine. »

Elle m'arracha un sourire

« - Tu crois que ça m'aiderait ?
- Bien sur ... ça nous aiderait tout et puis ça ne t'engage à rien. Dis toi que tu fais partie des rares personnes qui ont le choix. Si j'avais pu je me serai appelé Helena.
- Je ne m'appellerais pas Helena ...
- Chacun ses gouts. Éclaire-moi alors, comment tu veux t'appeler ?
- Je n'en sais rien, ce n'est pas si simple. C'est super important comme cérémonie, je peux pas faire ça à la légère.
- Bien sur que si tu peux, et si dans deux jours ça ne te convient plus, on change.
- Tu m'aide ?
- Si je ne voulais pas t'aider je serais déjà partie en te laissant chercher seule.
- On est sensé faire comment ?
- Je peux te faire des propositions mais tu peux aussi commencer par y réfléchir par toi-même.
- Propose ...
- Tu ferais vraiment tout pour éviter de penser, va falloir changer ça rapidement.
- Mouai
- Marie.
- Ca sonne un peu trop « sainte » pour moi. Pas de marie, de Thérèse ou autre ... ça ne me correspond pas.
- Bien, que penses-tu de Carmen ?
- Comme Carmen Elektra tu veux dire ? C'est pas parce que je veux éviter la sainteté que j'ai l'intention de Balader avec un prénom de star du X.
- Et moi qui pensais à un opéra, qu'est ce que t'es difficile. Sophie ça te dit ?
- Trop banale.
- Parce que mademoiselle veut de l'originale.
- Je crois bien, oui. »

Elle réfléchit quelques instants.

« - Attends, on va changer de méthode. Si t'es capable de te souvenir de la profession de cette très chère Carmen, tu dois être capable de te souvenir de personnes ou de personnages connus.
- Je suppose...
- Alors étale-moi ta culture littéraire et cinématographique. Après on choisira.
- La petite sirène ?
- Ca vole haut.
- Je fais ce que je peux
- De toute façon je ne te vois pas t'appeler Arielle.
- pourquoi pas ?
- Parce que ça sonne plus comme une marque de lessive que comme un prénom de sirène.
- Harry Potter ça me dit quelque chose...
- Oubli.
- La guerre des étoiles.
- Star Wars ?
- C'est ce que je viens dire.
- Tu aimes ?
- J'n'en ai aucune idée. En tout cas je connais, c'est un bon début.
- C'n'est pas le film qui comporte le plus de personnage féminin.
- Tant mieux ça réduit les choix.
- Padme si je me souviens bien, ou Leïa. Au moins ce n'est pas banal.
- j'aime assez Leïa.
- magnifique !
- T'emballe pas tout de suite.
- Et pourquoi pas? C'est très bien Leïa, ça te vas à merveille .Bon , t'es mignonne, tu me plais beaucoup, mais ça fait bien trop longtemps que je suis dans ta chambre. Je vais devoir y aller. Je fais passer le mot dans le service dés que je quitte cette pièce.
- Merci. »

Elle se leva de sa chaise de façon élégante et se rapprocha de moi avec un air désolé.

« - qu'est ce qui se passe ?
- je n'en ai pas fini avec tes pansements, et vu que je suis en retard ce sera moins délicat. Ca va tirer un peu mais ça vaut le coup, au moins dit toi que la séance aura été constructive ! »

« Tirer un peu » ? La fin de notre entrevue fut un calvaire. Au moment de quitter la pièce elle fit volte face et m'adressa un signe de main accompagné d'un mélodieux « à demain princesse ». Ainsi elle me fit subtilement comprendre qu'a partir d'aujourd'hui j'allais devoir assumer mon choix : pendant un laps de temps indéterminé j'allais être associée à une princesse inter galactique. Étrangement, j'avais l'impression d'avoir progressé .c'est presque sereine que, sans autres alternatives, je fermai les paupières sen quête du repos.


Buulle

# Posté le vendredi 29 août 2008 17:11

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 13:33

Princesse anonyme . Partie 2.

10ème jour

Dix jour s'étaient écoulés depuis mon arrivé à l'hôpital central. J'étais à présent capable de bouger sans trop de difficultés. L'ambiance de ma chambre étant devenue trop oppressante on m'avait autorisé à me déplacer. Dés lors j'avais élargit mes horizons et le nombre de mes connaissances. J'avais dans un premier temps tenus compagnie aux enfants cloitrés en pédiatrie. Ils s'étaient aussitôt décidés à m'apprendre à colorier sans dépasser. J'occupais depuis, une bonne partie de mes après midis dans la garderie. Par la suite, les séniors m'avaient initiée aux joies des jeux de cartes compliqués et des feuilletons prenants. En quelque jour j'étais fière de pouvoir dire que le fan club de la princesse Leïa accueillait des membres de tout âge et origine. J'arrivais à oublier ma solitude par intermittence, et le fait de pouvoir chasser celle des autres l'espace de quelques heures donnait comme une utilité à ma nouvelle existence.

Ma principale interlocutrice restait cependant mon infirmière. Dés que nos rapports ce furent stabilisés (comprenez dés qu'elle fut assuré que je ne la mordrais pas), elle m'inonda de questions sur ma famille, mes gouts, mon enfance et j'en passe ... auxquelles je ne pouvais bien sur pas répondre. L'idée venait de Hills, ces interrogatoires étaient selon lui un bon moyen de stimuler ma mémoire. Je trouvais surtout cela frustrant d'être chaque jour confrontée à mon ignorance.

Cela faisait maintenant dix jours, et personne n'était encore en mesure de déterminer ni mon nom ni mon âge. Mon profil ne correspondait à aucun avis de recherche ou signalement. Il n'y avait eu aucune réponse à l'appel des autorités locales. Si je possédais effectivement de la famille elle ne semblait pas tellement se préoccuper de mon sort. Au moins, comme je ne me souvenais pas d'elle, elle ne pouvait pas me manquer.

Quelque chose d'autre me préoccupait cependant. Plus je guérissais plus mon départ de l'hôpital se rapprochait. Je ne pouvais pas « vivre » ici, et dés que mon état me le permettrait j'allais devoir quitter ces lieux. Si ma famille se manifestait d'ici là se serait dans l'ordre des choses, dans le cas contraire je serais placée chez des inconnus. Certes mes parents m'étaient encore « inconnus » ... mais d'après mes médecins seuls des personnes appartenant à mon ancienne vie seraient en mesure d'accélérer le processus. En vérité la perspective de devoir rejoindre une famille d'accueil me glaçait, je ne voulais pas d'un nouveau départ, je voulais retourner en arrière. En fin de compte que je les connaisse ou non, peut être bien que mes proches me manquaient...

Oui, je commençais à perdre espoir.

Il devait être aux alentours de 15h00, l'après midi étais calme, la météo agréable. J'étais assise sur une minuscule chaise en plastique bleu, aux cotés de la petite Camille qui m'apprenait consciencieusement le dessin. Non Seulement ça me permettait de concentrer mon attention sur autre choses que mes malheurs, mais surtout j'avais bon espoir que cela développe mon talent artistique. Talent qui, vu la tête de mon châteaux fort, avait bien besoin d'être amélioré. J'aperçue du coin de l'½il l'éclat d'une chevelure blonde et abondante prés de la porte de la garderie. Abandonnant mon ½uvre, j'y découvris Meredith qui me faisait des grands signes. Elle avait l'air de bonne humeur, que dis-je, d'excellente humeur. Elle m'invita à la rejoindre dans le couloir d'un léger signe de tête. Après m'être excusé auprès de ma prof de dessin, je rejoignis mon infirmière intriguée par son attitude. Une fois à ces cotés, elle me tourna le dos sans un mot et commença à marcher, je lui emboitai le pas de plus en plus sceptique quand à notre destination. Son mutisme, si inhabituel m'inquiétait à présent.

Au bout de quelques minutes d'errance dans les couloirs, nous débouchâmes dans une salle de repos où se trouvaient déjà confortablement assis Hills et Fjord. Il devait s'être passé quelque chose d'important, le doute n'était plus permis. Malgré leurs mines enjouées, qui me criaient de venir me réjouir avec eux, j'appréhendais. Meredith, avec l'approbation silencieuse de ses collègues, me fit m'asseoir dans un des fauteuils. Elle prit une grande inspiration et c'est accompagné de son sourire étincelant qu'elle m'annonça la nouvelle.

« On a retrouvé ton père ! »

Je ne bougeais pas .L'électrochoc et les cris de joie auxquels ils s'étaient visiblement attendus n'auraient pas lieu. Sans que j'arrive à déterminer ni comment ni pourquoi, je sus que quelque chose clochait.

« Ça paraissait assez mal partie pourtant... Comment vous avez réussi ? » leur répondis-je soucieuse.

Ne sachant pas comment interprété mon attitude, ils restèrent tout trois à me fixer silencieusement pendant un moment.

« - C'est plutôt compliqué à expliquer. Commença fjord.
- Dites-moi. J'ai du mal à me souvenir, pas à comprendre que je sache. Lui répondis-je imperturbable)»

Devant l'expression du jeune médecin et le ton de ma voix, très vite Hills quitta sa chaise et pris les choses en main.

« - C'est « vraiment » difficile à expliquer Leïa. Il se trouve qu'en plus nous n'avons pas respecté la procédure à la lettre, ce serait délicat et dangereux pour nous de t'informer des détails.
- Je n'ai pas parlé de détails. Peu importe que vous ayez un peu triché ce qui m'intéresse c'est de connaître les grandes lignes de votre man½uvre ... et éventuellement son résultat. Quoi ? Vous avez tué quelqu'un ? »

Meredith leva les yeux au ciel.

« Bien sure que non. »

Puis fjord se décida à m'offrit une esquisse de réponse

« - On s'est servis d'informations confidentielles.
- Donc tout va bien, je vous écoute.
- Dans les grandes lignes alors : nous avons effectué un travail d'analyse et de comparaison d'informations qu'on n'était pas autorisé à faire. Et au final on a réussit à retrouver un individu qui correspondait en partie à ton code génétique. »

Je restais décidément perplexe et mal à l'aise. Je m'adressai alors au plus expérimenté des trois.

« - c'est fiable ?
- Oui, en tout cas suffisamment pour qu'in décide de le contacter. Argumenta Hills.
- Vous l'avez déjà contacté ? Avant de m'en parler ? »

Meredith réagit la première.

« - Comment voulais tu qu'on anticipe ta réaction ? On pensait bien faire. Le temps n'est pas notre allié en ce qui te concerne.
- Je suis désolé de devoir vous refroidir, mais il y a quelque chose qui fonctionne mal dans cette histoire. Je n'arrive pas encore à identifier ce que c'est mais faites moi confiance.
- A toi aussi de nous faire confiance, ça fait parti de notre travail, on ne cherche pas à te refiler au premier venu. S'énerva la jeune femme.
- Ce n'est pas le problème.
- C'est quoi le problème ? »

Je fermai les yeux pour essayer de calmer ma respiration et les battements de mon c½ur. Mes mains se crispèrent autour de l'accoudoir, lorsque qu'une sorte d'éclair traversa mon champ de vison.

« Je n'ai pas de père. »

Aucun d'eux ne semblait comprendre ce que je venais de subir et de dire. Pourtant à cet instant je n'étais sure que d'une chose. Je ne possédais pas de père. C'était au simple et compliqué que cela à la fois.

A mes mots l'infirmière secoua la tête de gauche à droite.

« Voyons, t'as forcément un père ma puce. Comme nous tous ... tu ne peux pas affirmer une chose pareil, surtout dans ton état. »

Je sentis la colère monter lentement en moi.

« - Ah bon ? Parce que tu crois que j'ai aussi oublié comment on fait les bébés Meredith ? Réfléchis. C'est plus complexe qu'une histoire de chromosome. Je n'ai pas de père, la discussion s'arrête la.
- malheureusement non, je ne crois pas qu'elle puisse s'arrêter là dessus. » S'opposa Hills en soutenant l'infirmière.

« Meredith à raison, c'est bête et méchant comme de la science mais l'homme qui viendra demain a de très forte chance d'être ton père.
Ton géniteur tout du moins. » Continua-t-il.

Mes nerfs étaient sur le point de lâcher pour de bon. Déçu par Hills, je changeai une nouvelle fois d'interlocuteur. Fjord dut subir mon indignation.

« - Il vient demain ?!!
- On l'a contacté rappel toi.
- Et il vient ?
- Apparemment oui.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Meredith lui en a dit le moins possible, il vient pour des analyses sanguines. S'il vient si tôt c'est pour voir dans un premier temps si sa présence t'évoque quelque chose. »

Hills vint une nouvelle fois à la rescousse d'un de ses collègues.

« - Si tu nous affirme encore demain que tu ne le connais pas et que les tests ne correspondent pas à nos suppositions, et bien nous reprendrons les recherches.
- Vous allez le mettre devant le fait accompli ?
- On va lui exposer la situation de vive voix, c'est déjà mieux qu'au téléphone tu ne crois pas ?
- Je ne crois plus rien. »

Je sentis mes yeux me piquer sans pourtant qu'aucune larme ne s'en échappe. Rétrospectivement bien que mes diverses blessures physiques et psychologiques m'en aient laissé l'occasion, je n'avais encore jamais pleuré. Quel poids avais-je, moi la petite amnésique, face à la science ? Je m'interdisais de penser que mes médecins pouvaient avoir raison. La désillusion serait bien pire que toutes les familles d'accueils. Je devais mettre les choses au point. Leur exposer mon conflit intérieur. Je fixai mon regard dans les prunelles du docteur grisonnant.

« - Je voudrais dire quelque chose.
- On t'écoute.
- Que se soit clair, vous ne m'avez pas convaincu et je reste sur ma première impression mais je vais essayer de vous dire pourquoi. Déjà parce que les impressions c'est tout ce que j'ai mais ça je ne vous l'apprends pas. Imaginons que j'ai raison un instant et que je me fie à ma tête certes peu fiable en affirmant que je n'ai pas de père ...
- Imaginons. Acquiesça Hills
- Soit l'homme qui vient demain n'a absolument rien à voir avec moi à part peut-être un groupe sanguin, et c'est peut être un détraqué qui acceptera de devenir mon père pour se divertir. Soit la moitié de mon ADN est effectivement identique au sien mais il me connaît surement autant que je me souviens de lui ... et c'est peut être un détraqué quand même. Sincèrement, tout ceci me fait peur. »

Je pouvais lire un sentiment d'échec sur leur visage, c'est pourquoi je poursuivis avec plus de difficulté.

« Ou peut être que je ne devrais pas me fier totalement aux messages contradictoires que m'envoie mon cerveau malade et se sera un chouette type qui me fera sortir d'ici tout en m'évitant le placement. Mais je préfère ne pas trop espérer »

Cela sonnait faux, ils ne pouvaient que s'en rendre compte, mais cela parut les réconforter. Avec un mince sourire un peu triste Fjord relança la conversation.

« Merci pour les précisions Leïa, je crois qu'à présent on a toute les cartes en main pour affronter la journée de demain. Le pire qui puisse nous arriver serait qu'on se soit trompé. Et je crois qu'on s'en remettra. »

La question étant, est ce que moi je m'en remettrais, ils avaient tout de même sacrément semé le doute en moi. Meredith tenta de me transmettre son espoir.

« - J'ai tout de même un bon pressentiment. »

Fjord se leva suivit de prés par l'infirmière, et s'avança jusqu'à une armoire en métal blanc, afin de nous proposer fièrement une alternatives à nos idées noires.

« - Quelqu'un veut une sucette au miel ?
- Oh non merci Léo, sans façon. Déclina mon infirmière avec une moue de dégout
- Quoi ?
- Elles sont mauvaise tes sucettes.
- Bon t'aime pas, ce n'est pas la peine d'en dégouté les autres. »

J'acceptai pour lui faire plaisir

« Je veux bien m'y risquer, j'ai besoin de sucre.
- Le truc c'est qu'elles sont sans sucre. M'expliqua Meredith e se mordant les joues pour ne pas sourire et risquer de vexer un peu plus son collègue
- Du miel sans sucre ?
- T'as pas fini d'en apprendre des choses avec nous. »

J'expérimentais néanmoins les douceurs de mon docteur avant de les laisser vaquer à leurs occupations avec une certaine lassitude. Demain arriverait de toute façon trop vite pour que je puisse y faire quoi que se soit. J'enfouis cet après midi éprouvante dans un soin de ma tête afin d'être de nouveau opérationnelle pendant ma séance de travaux manuels.

Buulle

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 15:46

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 13:34

Princesse anonyme. Épilogue .


Mes joues sont humides. Mes vêtements ne me couvrent plus. Des feuilles qui craquent sous mes pieds. Je crois entendre des pas derrière moi. Une voix dans ma tête. Un cri. Je cours. Une lumière au loin... bien trop loin. Le cri, non les cris... qui redoublent, me déchirent. Je me griffe pour ne plus les entendre. Mes joues sont trempées. Je trébuche. Tombe... une chute sans fin. J'ai mal.

J'ouvris les yeux. Du noir. J'étais pleine de sueur, tremblante... mais dans mon lit et non entre les arbres. Un cauchemar juste un cauchemar, juste un cauchemar ? Non je pouvais encore les entendre. Je fus prise de panique. Désorientée, encore à demi endormie. Les cris m'avaient poursuivi. Je me mis à crier à mon tour pour les faire fuir, les faire taire ! Mes blessures se réveillèrent... J'avais mal ! Tout mon corps criait à l'aide, je criais à l'aide. Des pas rapides et de la lumière aveuglante. Elle parvint à chasser mes ténèbres .Le visage affolé de Fjord au dessus du mien. J'étais en sécurité.
Puis plus rien.

# Posté le lundi 24 août 2009 19:59

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 10:13